Biographie de Bénoit Théau :

En 2002, Benoît Théau  a créé l'agence de communication IGAPURA  (nom en guarani qui signifie « pont sur une rivière ») après avoir travaillé pendant plus de 15 ans dans des ONG de solidarité internationale, il réalise des reportages et des documentaires dans de nombreuses régions du monde, principalement sur des expériences réussies de développement humain. De plus, il anime des formations et, en tant que consultant, apporte un appui méthodologique à des acteurs du développement local et à des organisations internationales. Enfin, il conçoit des projets multi-acteurs dans le domaine du développement durable, de la communication et des échanges internationaux. Benoît Théau a participé à plusieurs grandes conférences des Nations Unies Rio en 1992, Johannesburg en 2002, Copenhague en 2009, Rio+20 et différentes conférences sur le climat (COP16, COP21, COP22, COP23) et il a réalisé des Web TV pour faire connaître les questions évoquées lors de ces rendez-vous.

 Avec Meriem Houzir, consultante marocaine, il a crée et anime le Programme « Initiatives Climat Afrique Francophone » : www.initiativesclimat.org

 

 Interview sur le changement climatique

 

Quelle est la cause qui fait de vous d’être engagé pour participer à la lutte contre le changement climatique ?

    « Plusieurs raisons :

  -   La prise en compte de l’intérêt des générations futures qui seront, demain, les victimes des changements climatiques.

  -    De plus, ce que l’on pourrait appeler « l’injustice climatique » : ce sont les pays industrialisés, principalement les pays occidentaux, qui sont en grande partie responsables de ces bouleversements climatiques (causes anthropiques : émissions des GES) mais ce sont les pays en développement (notamment les pays africains) qui en sont les premières victimes.

  -    L’incurie des gouvernements et des organisations internationales dont les représentants font de beaux discours et ratifient des conventions mais ne traduisent pas en actes leurs déclarations. En tout cas leurs actes ne sont pas à la mesure des enjeux à relever. »

   Quel est le niveau d’implication de cette problématique à l’échelle internationale ?

 « Je suppose que tu veux parler du caractère universel de la problématique. Toutes les populations du monde sont concernées par les changements climatiques qui se manifestent notamment par deux phénomènes :

   -   La recrudescence des catastrophes dites « naturelles » (inondations, tempêtes, cyclones, vastes incendies…) qui deviennent plus fréquentes et surtout qui augmentent en intensité avec toutes les conséquences humaines et économiques que cela entraîne

  -  L’augmentation moyenne des températures au niveau de la planète : depuis l’année 1900, l’augmentation a été de 1° C. Les prévisions sont de 3,5 à 5 degrés d’ici 2100

  -    L’augmentation du niveau des mers qui est due à la dilatation des eaux en raison de l’augmentation de la température de ces eaux. De plus, les océans absorbent à peu près la moitié du CO2 rejeté dans l’atmosphère, ce qui a comme conséquence l’acidification des océans et la modification profonde de cet écosystème. »

 Comment qualifierez-vous le changement climatique dans le monde ?

 « Ces changements ont des conséquences de diverses natures :

   -    D’ordre humain : ce sont les populations les plus vulnérables qui en sont les premières victimes. Le fait que de vastes zones ne pourront plus être habitées en raison de la désertification ou de l’élévation du niveau des océans, des centaines de millions de personnes deviendront des réfugiés climatiques : plusieurs centaines de millions, voire un milliard d’ici la fin du siècle

  -      D’ordre économique : la réparation des dégâts dus aux catastrophes, la modification des systèmes économiques, les migrations vont entraîner des coûts économiques importants

  -       D’ordre écologique : baisse de la biodiversité, perte de terres agricoles, disparition d’îles, etc. »

   Pensez-vous que le défi climatique sera traité équitablement par tous les pays concernés (pays riches et pays pauvre) ?

« Les pays riches pourront plus facilement faire face aux conséquences des changements climatiques du fait notamment qu’il existe des formes d’assurance qui permettent de couvrir des pertes. Mais les pays pauvres ont aussi une responsabilité : les plus riches détournent les richesses de leur pays (corruption, mauvaise gestion des fonds…) et ne se préoccupent guère du sort des plus défavorisés. »

  Quel message adressez-vous à nous les jeunes pour contribuer à la lutte contre le changement climatique ?

 

 « Plusieurs propositions :

- S’informer et se tenir informés sur ce phénomène

- Adopter des gestes éco-citoyens : économie d’énergie et d’eau, déplacements doux…

- Former un club dans l’établissement scolaire pour mener des actions vers les autres jeunes

- Interpeller les responsables éducatifs, associatifs, politiques

- Sensibiliser l’opinion publique par l’intermédiaire des medias

- Rejoindre des organisations, comme les jeunes de la Francophonie, pour échanger au niveau international. »

 

 

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